14 juin 2009

Les choses vont mieux… au moins en surface, parce ce que si on creuse un peu…
Nous allons balayer successivement 3 zones au cours de ce post :

  • Les Etats Unis
  • L’UE (et notamment l’Europe de l’Ouest continentale)
  • Et enfin, bien sûr, la Roumanie

1 – A tout seigneur tout honneur, ceux par qui la crise arrive… les USA.
En fait c’est un peu injuste. Ce sont eux qui ont tiré la croissance mondiale pendant des années, en vivant clairement au dessus de leur moyens. Les ménages n’avaient tout simplement plus d’épargne nette. Le crédit pas cher mais aussi la pression des politiques démagogiques ont poussé à la formation d’une bulle immobilière qui a éclaté. Mais est ce vraiment terminé ?
En apparence tout semble aller mieux… le printemps de l’économie en somme. Les bourses américaines mais aussi mondiales ont entamé depuis 3 mois une remontée foudroyante… la montée du chômage aux USA semble ralentir… les dépenses de l’Etat sont intégrées au PIB ce qui permet d’embellir la mariée…
Et pourtant…
– Pourtant la hausse des marché est vraiment suspecte… pas besoin de bonnes nouvelles pour observer certaines hausses… et quand on a des semi bonnes nouvelles, on notera parfois même des flambées de cours… Il est vrai que la bourse a toujours un temps d’avance sur l’économie, car en bourse «on achète les bénéfices futurs». Ceci est payant en fin de récession «classique», mais pas quand l’économie rentre, comme actuellement, dans une dépression… La hausse actuelle semble en fait surtout orchestrée par les grandes banques américaines, renflouées en cash par la Fed, et qui ont intérêt à une hausse au moins temporaire des marchés, laquelle leur permettra de placer des actions à des prix honorables… ceci pour rembourser les sommes reçues de l’Etat américain par le biais du TARP… pour permettre à 10 des 19 plus grosses banques américaines de retrouver toute latitude notamment dans le paiement de leurs dirigeants…
La crise immobilière US est loin d’être terminée, avec la moitié des logements vendus qui le sont pour cause de saisies. Et il y a un excès d’offre globale avec des millions de logements vacants aux USA… et le marché ne s’est pas totalement ajusté, les propriétaires espèrent toujours un rebond des prix qu’on fait miroiter avec quelques chiffres encourageants… La situation sur l’immobilier d’entreprise est aussi particulièrement catastrophique, avec un excès d’offre qui étouffe promoteurs et propriétaires… maintenant que les américains ont cessé de dépenser plus qu’ils ne gagnent en commençant a épargner (environ 5 % de leurs revenus disponibles, ça reste faible mais pour ce pays c’est une petite révolution) les ventes du commerce diminuent… Or les défaillances au niveau de l’immobilier d’entreprises touchent d’autant plus les banques que jusqu’à il y a peu, ce sont elles qui en étaient venues à démarcher les promoteurs pour leur proposer des financements, poussant au lancement de projets pas forcément rentables…
Or le point de l’immobilier est fondamental ; tant que l’immobilier montait, les gens se sentaient de plus en plus riches du fait de la valorisation de leur patrimoine, ce qui les poussait à consommer davantage. Actuellement c’est l’inverse, ceux qui ont un bien immobilier à vendre ont beaucoup de mal à le vendre à un prix satisfaisant… les gens se sentent pauvres, et de plus en plus pauvres, (pour les chanceux qui gardent un emploi), donc ça pousse forcément la consommation à la baisse…
Et on ne voit pas comment l’immobilier pourrait remonter quand se profile désormais une crise des prêts primes. Sur les sub-prime, il était d’emblée clair que les acheteurs auraient beaucoup de mal à faire face à leurs échéances, surtout en cas de remontée, même faible, des taux. Mais il existait et existe en parallèle des crédits dits «primes», vers des ménages à la situation financière bien plus solide. Le problème tient au fait qu’avec la dégradation de l’économie, beaucoup de ces ménages sont et seront touchés par le chômage (au moins 500 000 nouveaux chômeurs par mois actuellement ) et beaucoup seront dans l’incapacité de rembourser leur crédit… le problème des coûts des crédit sera par ailleurs de plus en plus épineux car les taux sur les emprunt d’état a 10 ans ont doublé en 3 mois, atteignant désormais les 4 % par an. Or les taux des crédits hypothécaires sont liés à ceux des emprunts d’Etat… bref encore une très mauvaise nouvelle pour le marché immobilier, d’autant qu’on va voir plus loin que la défiance sur les emprunts d’Etat américain n’est pas près de diminuer…
– OK, mais les banques américaines vont mieux me direz vous. Il y a un un stress test… stress test tellement stressant que l’hypothèse la plus pessimiste du test sur le chômage de 2009 a déjà été dépassée, alors que nous ne sommes même pas au milieu de l’année. Les banques ont de plus négocié comme des chiffonniers les montants de recapitalisation demandés par le trésor… Et ces banques n’ont de toute façon pas dit toute la vérité sur les dépréciations potentielles de leurs actifs, notamment immobiliers. Les autorités de régulation bancaire sont totalement débordées, au point que des spécialistes du secteur sont très surpris quand ils apprennent la fermeture de telle ou telle banque régionale, alors qu’ils connaissent d’autres cas de banques (encore en activité) qui sont dans une situation «bien pire»…
Un autre sujet d’inquiétude touche le marché des cartes de crédit… vivre à crédit est devenu un lieu commun aux USA… or quand des particuliers se retrouvent au chômage, impossible de rembourser l’organisme de crédit… pire, la possibilité de découvert est très tentante en cas de pertes de revenu… mais si on ne retrouve pas rapidement du travail… or vu le contexte global…
L’industrie n’est pas en meilleure forme, voir le secteur automobile, 2 des 3 géants ont dépose le bilan et le troisième ne vaut guère mieux ; cela aura des conséquences sur les sous traitants (une société en faillite ne paye pas forcément ses fournisseurs, ce qui peut provoquer des faillites en série de fournisseurs déjà affaiblis par la chute de la demande…). La baisse amorcée du dollars, et qui devrait s’accélérer dans les prochains mois (nous reviendrons sur ce point) devrait favoriser les exportations… si il restait une base industrielle suffisante… mais a force de faire travailler le reste du monde (spécialement les chinois) et de se spécialiser dans la finance… il ne reste pas grand chose à exporter…
Sur la finance justement, la créativité américaine s’est avérée dangereuse… à force de packager la dette immobilière dans des produits financiers complexes plus personnes ne s’y retrouvait, ce qui a donné la crise des subprime… Et ce sont désormais les CDS ( titres qui garantissent, au moins si tout va bien, cf les soucis d’AIG, contre les défauts d’acteurs économiques) qui sont sur la sellette… G Soros, qui n’est pas un amateur, a encore déclaré tout récemment que «mieux il connait ce type de produit, plus il constate qu’il s’agit d’un produit toxique, qu’il faudrait interdire…». Partis avec un avantage naturel après la 2eme guerre mondiale (ils avaient la monnaie de réserve internationale), et des facteurs favorisants (taille du pays, retraites basées sur des produits financiers ce qui génère de gros investissements même si la plus grosse partie des ménage fait confiance aveuglément à des «spécialistes» pas forcément capables…) les Etats Unis vont pourtant désormais perdre rapidement leur prééminence financière et les revenus que cela entraine… Ce secteur financiers hypertrophié a produit des pertes elles aussi hypertrophies, à l’islandaise… Les chinois développent à grande vitesse leurs marchés financiers, et notamment ce qui touche les matières premières, y compris bien évidemment l’or…
Le dollar inspire lui aussi de plus en plus de réserves, à part chez les «clients» les plus dépendants, type Corée du sud. Il y a quelques jours le Secrétaire d’Etat au trésor (Budget) Tim Geitner s’est fait rire au nez par des étudiants chinois (pourtant issus d’un peuple traditionnellement poli et respectueux) quand il leur déclaré que «les actifs chinois placés en dollars sont sûrs»… Ce détail a été soigneusement occulté par la presse américaine… Et même les chinois, dont l’essentiel des réserves sont libellées en dollars, sont en train de lâcher cette devise… Bien sur ils le font discrètement, et avec doigté… ils achètent toujours des bons du trésor américain, mais désormais seulement les bons à court terme (2 ans), ce qui explique l’explosion des taux sur les bons à plus long terme, dont plus personne ne veut… Mieux, ils se sont mis à troquer frénétiquement leurs dollars contre tout ce qui a une valeur tangible, non susceptible de se démultiplier par la seule volonté d’une banque centrale… ils achètent des paquets d’actions de sociétés minières… ou tout simplement des paquets de minéraux, métaux, aliments… et alors que la Chine est le premier producteur mondial d’or, elle est importatrice nette de ce métal, qu’elle transfère désormais massivement à sa banque centrale à titre de garantie de sa monnaie… l’or est désormais « monétisé » et comme la Chine est un acteur qui compte, si elle décide un retour en force de l’or, celui ci aura assurément lieu…
Les remises en cause du statut international du dollar (que de Gaulle avait en son temps qualifié de «privilège exorbitant») se multiplient… la Chine, acteur responsable que envoie des messages a suggéré de renforcer le rôle des DTS, basés sur un panier de monnaie, et émis par le FMI. Chine et Brésil commerceront désormais ensemble sans utiliser des dollars. La Russie est aussi très anti dollar, elle a désormais davantage de réserves en Euro qu’en dollars… 4 pays du Golphe persique construisent eux aussi leur monnaie pour gagner en indépendance face au dollar…
Plus surprenant encore du point de vue politique, même le FMI semble désormais pousser ouvertement à la mise en place d’une alternative au dollar pour le commerce international…
C’est une mauvaise nouvelle pour les USA et pour la Fed… en effet l’usage de dollars partout dans le monde permettait d’entretenir une forte demande de dollars, rendant ainsi relativement indolore le maintien des déficits commerciaux américain… le monde voulait des dollars, les USA les lui donnait (en échange de marchandises bien sur…). Et quand le monde avait trop de dollars, de toute façon il venait le placer sur l’incontournable marché financier américain, ce qui a d’ailleurs été un des causes du succès du marché des subprime… il fallait bien proposer des supports financiers à tous ces dollars…
Actuellement, pressés par une conjoncture désastreuse ( effondrement de l’immobilier, de l’activité économique, situation précaire des banques), le gouvernement américain et la banque centrale mettent autant de charbon qu’ils le peuvent dans la chaudière pour éviter que la déflation ne s’installe… le gouvernement fédéral dépense quasiment le double de ses revenus annuels… (!!!) la réserve fédérale (banque centrale) fournit au gouvernement, mais aussi aux banques tous les dollars qu’ils souhaitent, maintenant ainsi très bas les taux à court terme (mais seulement eux, les taux à long terme étant en principe fixés par le marché…). Comme il n’est pas si facile que ça d’emprunter après l’évaporation massive de richesse qui a eu lieu il y a quelques mois, la Fed crée massivement de la monnaie qui n’est gagée sur aucune production réelle (le lien entre le dollar et l’or ayant été rompu en 1971 par Richard Nixon ) provoquant la crainte de ses principaux créditeurs.
Bien sur tout ça est censé n’être que temporaire… des que l’économie repartira la Fed renversera la vapeur… le problème est que la crise est arrivée à cause d’un excès de dette accumulées par les agents économiques privés américains (ménages et entreprise), et l’Etat fédéral (mais aussi les Etats, dont certains frisent la faillite) empile à coté de nouvelles dettes à une vitesse vertigineuse…
Si on fait le total des dettes américaines publiques, privées, et aussi des engagements de l’Etat qui devront être tenus ( retraite, santé), on arrive à un faramineux 350 % du PIB américain… comment un pays à la base productive dégradée pourrait il rembourser une telle dette, ou même payer les intérêts ? C’est impossible…
La situation est d’autant plus grave qu’il est très facile de laisser filer les déficits, mais très difficile de renverser la tendance, on l’a vu en France quand il a fallu rentrer dans les critères de Maastricht avant la création de l’Euro. La guerre en Afghanistan est loin d’être gagnée, les objectifs de Barak Obama en matière de protection santé sont très ambitieux, l’industrie automobile américaine est sous perfusion de l’Etat, sans parler du secteur bancaire (attendez ce qui va suivre…) mais qui va payer…
Pour l’instant la Fed imprime des dollars… qui aux yeux de populations de certains pays constituent encore un refuge… encore… c’est vrai qu’il est facile de trouver des dollars… l’économie est en récession, donc d’après la Fed pas de risque de dérapage monétaire… à très court terme sans doute, on est plutôt dans un contexte de déflation, mais après ???
Dore et déjà le prix des matières premières flambe… les cours du pétrole ont doublé sur ces 3 derniers mois, alors que par exemple les stocks américains sont restés très hauts… les matières premières ont repris 50 % sur la même période… (soit disant du fait de la reprise de l’économie chinoise, mais de toute façon les chinois gonflent toujours leurs chiffres de croissance en période de crise, et les grands travaux sont longs à mettre en place…) les aliments remontent aussi… bref il ne faudra pas compter sur ces points là pour soutenir le pouvoir d’achat mal en point des consommateurs occidentaux… On commence à voir que l’économie peut très bien être en chute libre… mais enregistrer en même temps de l’inflation, au moins dans certains domaines…
De plus du fait que les flux de capitaux sont très largement libéralisés… ils ont désormais une très forte mobilité… un peu comme les marées… on a vu la formation de bulles immobilières… puis des matières premières, des aliments… ces bulles ont été crevées… puis se reforment ailleurs… avec un fort effet inflationniste sur l’économie réelle… il reste encore beaucoup d’argent à placer… à commencer par ce qu’il reste de l’argent des retraites des pays anglo saxon, du japon, etc…
Or les USA vont vers l’inflation, voire l’hyper inflation… soit par maladresse de la fed, car l’inflation est comme un feu de broussailles, une fois qu’on l’a allumé on peut vite en perdre le contrôle… soit par cynisme… les USA sont incapables de rembourser leurs dettes et le seront chaque jour un peu plus, car leurs dettes augmentent, leur économie se contracte et leurs actifs se dévalorisent… ils sont même incapables de limiter leurs dépenses au niveau de leurs recettes… il n’est pas non plus envisageable que les USA fassent défaut comme un pays d’Amérique du Sud, soyons sérieux… les USA rembourseront tout… mais il est possible que l’hyper inflation soit passée par la… et que rembourser ne coûte plus grand chose… l’effondrement du dollar, qui se profile d’ici quelques mois pourrait en allumer la mèche, en créant de l’inflation importée…
Le problème est que si l’hyper inflation signifie l’évaporation des dettes, elle signifie en parallèle l’évaporation des actifs de ceux qui ont prêté… et ça ne touche pas seulement de gros spéculateurs généralement mieux informés que les petits épargnants qui a confié à un fond de retraite des fonds pour les faire fructifier d’ici sa retraite, et qui croient les messages rassurants de leurs dirigeants politiques ; «vos dollars sont en sureté…»… concrètement on va assister à la ruine de nombreux épargnants (déjà laminés par le prochain effondrement boursier qui se profile…), lesquels vont se retrouver sans retraites (et sans pouvoir espérer le secours d’un Etat en faillite). Cela va obliger ces épargnants ruinés à repousser largement leur départ en retraite… aggravant très fortement les problèmes de chômage, déjà dramatiques dans un pays à faible filet de protection sociale, au point sans doute de menacer la stabilité politique du pays…
Bref il y a de quoi être très inquiets pour les USA… et on voit mal l’issue, car plus l’économie ira mal, plus l’Etat aura tendance à s’impliquer, empêchant la nécessaire destruction créative décrite par Schumpeter… or au contraire il faudrait laisser plus d’opportunités aux entrepreneurs indépendants, lesquels, par l’utilisation de l’innovation, sont les vrais moteurs de la croissance, donc du développement de richesses…
2 – L’Europe
Tout d’abord une «exclusion» ; la situation actuelle met clairement en relief le côté très «Atlantiste» du Royaume Uni. Il ressemble beaucoup aux USA, à bien des titres, hélas pour lui ; il a abandonné l’industrie au profit d’un secteur financier hypertrophié. Son secteur bancaire, très secoué, a été en grande partie nationalisé ou renfloué par l’Etat qui y possède désormais une large influence. Le déficit budgétaire a littéralement explosé et la dette publique se rapproche rapidement des 100 % du PIB. La banque centrale est elle aussi une grande adepte de «l’assouplissement quantitatif», mais ne disposant pas de la monnaie internationale, certains pronostiquent la nécessité d’un humiliant recours au FMI… dès ce été…
Par ailleurs, de plus en plus de britanniques souhaitent que l’UE se limite à une zone de libre échange, et le parti conservateur, très bien placé pour remporter les prochaines élections législatives, a pris des positions très nationalistes, au point qu’on ne peut plus écarter une rupture avec le reste de l’UE…
Pour le reste, les pays de l’ancienne CEE ont pour l’essentiel adopté l’Euro, censé rapprocher ces pays (voire forcer l’unification politique ?) grâce à une politique monétaire commune…
L’Euro s’est certes imposé et représente une monnaie forte sur le plan international, et de plus en plus une monnaie de réserve. Il a aussi incontestablement favorisé le développement des échanges parmi les pays qui l’ont adopté.
Pourtant la convergence des économies n’a pas été aussi notable qu’escomptée. D’un part parce que les gouvernements des différents pays ont continué à avoir des politiques budgétaires sensiblement différentes d’un pays à l’autre. D’autre part parce que les mentalités et situations différentes des acteurs économiques a poussé à des comportements très différents, entrainant des situations très diverses face auxquelles une politique monétaire unique constitue un carcan.
Les pays habitués à une monnaie faible, (les «PIGS» ; Portugal, Irlande, Grèce, Espagne) impliquant généralement une forte inflation, donc des taux d’intérêts élevés, ont été ceux qui ont le plus investi dans l’immobilier, du fait des taux de crédits bas qu’a permis l’instauration de l’Euro. Ces pays se sont jetés sur l’aubaine des taux bas. Le fait que l’immobilier permette de blanchir l’argent gagné au marché noir n’est sans doute pas neutre non plus…On a ainsi vu se former des bulles immobilières, spécialement en Irlande et en Espagne, et récemment ses bulles se sont crevées, laissant ces pays peu industrialisés spécialement démunis…
L’Espagne a ainsi crevé le plafond des 4 millions de chômeurs, dépassant l’Allemagne, pourtant deux fois plus peuplée…
Les finances publiques sont bien sur à la dérive, sans parvenir à relancer l’activité… et là impossible de recourir comme avant l’Euro à la création monétaire pour faire repartir l’économie… vu que la banque centrale est unique, qu’elle est située à Francfort, et a toujours considéré l’inflation comme le mal absolu…
A l’opposé, on trouve l’Allemagne qui, si elle aussi a entrepris de soutenir son économie (prime à la casse conséquente pour les véhicules anciens), le fait avec retenue, consciente que l’argent dépensé devra être remboursé… d’où la charge d’Angela Merkel contre les politiques de la Fed, de la Bank of England, mais aussi de la BCE qui commence elle aussi à se résigner à recourir à l’assouplissement quantitatif (certes seulement au niveau des titres de dette privée, n’étant pas question de financer la dette des Etats…). Il faut dire que l’Allemagne reste traumatisée par la grande vague d’inflation des années 20, qui a conduit à une forte paupérisation de la population… entrainant l’arrivée des Nazis au pouvoir, et donc la seconde guerre mondiale…
La chancelière (qui semble bien placée pour se succéder à elle même lors des prochaines élections générales) reste aussi très réticente vis a vis de l’intervention de l’Etat dans l’économie.
L’Allemagne semble avoir encore les moyens de ses ambitions, elle a gardé une base industrielle très solide, bien spécialisée internationalement, et ses entreprises semblent assez bien encaisser la crise comme en témoigne une montée mois rapide qu’ailleurs du chômage…
Les français sont, pour une fois, plutôt dans une logique plutôt Allemande. Eux qui ont généralement tendance à laisser filer la dépense publique (on se souvient de l’épisode scandaleux de la «cagnotte» sous le gouvernement Jospin) ont pour l’essentiel limité leur plan anti-crise à une modeste relance des investissement, sachant l’Etat déjà très endetté…
La situation de la zone Euro est très dégradée, avec des prévisions de recul de l’activité autour de 4 % pour 2009, ce qui est considérable et inédit depuis l’après guerre… Le fait que l’Europe semble globalement voter a droite serait plutôt un facteur de rapprochement (sauf dans le cas Anglais), mais l’Euro risque d’être très chahuté dans le futur.
Les électeurs des PIGS vont sans doute bientôt perdre patience face à la montée continue du chômage et la fonte de la valeur de leur patrimoine immobilier.
De plus, il faut essayer d’évaluer les conséquences (dramatiques) du probable effondrement du dollar. En effet, si le dollar s’effondre (ce qui est probable, on parle dans un premier temps de 2 dollars pour un euro), l’Euro risque de fortement monter face à toutes les autres devises, car il apparaitra comme la devise la plus solide, le refuge (le Japon est très endetté, le franc Suisse a du plomb dans l’aile vu les déboires des banques helvétiques, le Yuan n’est pas encore totalement convertible…).Ceci affaiblirait encore considérablement les entreprises européennes et ferait plonger la balance commerciale de la zone, donc son PIB.
Par ailleurs, seraient affectés les contrats à long terme. Ainsi un Airbus commandé aujourd’hui, a un prix généralement convenu en dollars, sera fabrique ultérieurement puis vendu dans quelques années, dans 3 ou 4 ans par exemple. Or si la valeur du dollar s’effondre, soit des sociétés comme Airbus devront accepter de vendre à forte perte du fait que les prix du carnet de commande ont été convenus antérieurement, soit elles devront refuser d’honorer la commande. Dans les 2 cas ce sera désastreux, d’autant que le marché du transport aérien, souffrant déjà de la récession, va sans doute aussi être pénalisé par la remontée des coûts des carburants.
Dans une telle situation, Airbus devra sans doute être renfloué par les gouvernement des pays ou il produit, ce qui creusera encore les déficits, fera monter les taux d’intérêt et comprimera encore plus l’activité.
Airbus n’est qu’un exemple, mais comme le dollar est utilisé comme devise pour la plupart des contrats de longue durée avec des acheteurs hors UE, on risque de faire face à un effondrement du commerce, un blocage des chantiers en cours (centrales nucléaires, lignes ferroviaires, bref ce qui est précisément au cœur de la relance par l’équipement).
Certes il existe la possibilité de se couvrir contre les dépréciations futures d’une monnaie (grâce aux marchés à terme), mais ces marchés peuvent être faussés par la spéculation (et les gouvernements qui veulent la combattre ; le gouvernement Anglais, on le comprend, a en effet interdit la vente à terme de la livre sterling), et surtout les couvertures à terme dépassent rarement une année… au delà, on est sans filet…
En temps normal, quand la livraison du produit intervient très vite après la commande et que les commande sont régulières les choses peuvent s’ajuster ; aujourd’hui j’achète un produit un dollar, le mois prochain le dollar aura peut être baissé mais cette baisse aura provoqué de l’inflation aux USA donc j’achèterai le produit 1,1 dollars, ce qui en Euro ne me coutera pas plus cher… Mais il faut par exemple 10 ans pour construire une centrale nucléaire… et on négocie le prix avant d’attaquer le projet… donc tous les projets de long terme sont menacés et devront être renégocié au cas par cas, dans des contextes de bras de fer du type des conflits du gaz russo ukrainiens…
Bref si l’Euro monte en Flèche il est probable que la Zone Euro, voire l’UE dans son ensemble vont plonger dans une violente déflation «importée», c’est a dire baisse des prix, d’autant que la perte de compétitivité extérieure et le blocage de nombreux contrats en cours aggraveront le phénomène. Seront spécialement pénalisés les pays les plus affaiblis de la zone, car eux n’ont de toute façon pas grand chose à exporter, donc une baisse des prix ne sera pas leur priorité, elle pénalise même la richesse nationale très liée à l’immobilier, et une baisse des salaires sera insupportable politiquement dans des pays ou les salaires nominaux ont toujours galopé… ce qui constituera une incitation à renoncer à l’Euro, même si la remise en place de monnaies nationales en période de crise mondiale aura des conséquences terribles, il sera en effet impossible à ces pays sans crédibilité d’emprunter à l’étranger, et très risqué pour la même raison de recourir à la création monétaire… alors que c’est pourtant pour cela qu’il voudront réintroduire les anciennes monnaies…
A l’inverse, l’Allemagne monétariste, arc boutée sur la valeur de la monnaie, déjà habituée ces 15 dernières années à réduire ses coûts pour favoriser son industrie exportatrice, et beaucoup moins dépendante de la valeur de son immobilier qui, pour des raisons démographiques notamment, avait beaucoup moins monté qu’ailleurs, pourrait s’accrocher, avec quelques partenaires d’Europe du nord, et peut être la France si celle ci reste à droite, à une politique de réflation qui avait été pratiquée en France au début des années 30…
Il s’agit de conjectures, mais on s’en rapproche hélas à grande vitesse…
L’autre option pourrait être que face à l’attitude «déloyale» des américains, les européens se résignent à «saboter» eux aussi leur monnaie… cela semble toutefois peut probable avec le couple Merkel – Trichet…
Le sabotage pourrait aussi être involontaire ; imaginons en effet que les pays du «Club Med» doivent, volontairement ou non, abandonner l’Euro. Ils vont proposer à leurs ressortissants de convertir leurs euro dans la «nouvelle» monnaie du pays, laquelle sera sans doute très fragile. Il est probable qu’une large partie de agents économique préfèrent garder leurs euro dont la valeur augmente, ce qui ne conviendra pas forcement au pays qui conserveront l’Euro, (effet inflationniste de cette monnaie restée sans couverture réelle) lesquels pourraient être tentés eux aussi de fonder (également dans la précipitation et la panique) une nouvelle monnaie échangée uniquement à certaines conditions (CF la conversion des Ost marks, différenciée entre les particuliers et les entreprises). Une nouvelle monnaie aiderait aussi à définir un cours moins défavorable par rapport aux autres monnaies… Mais la on est vraiment déjà dans les conjectures…
3 – Et la Roumanie dans tout ça ?
Ceux qui ont un peu de mémoire se souviennent qu’au départ, d’après les politiques locaux, la grande crise actuelle ne devait même pas égratigner la Roumanie…
Le 22 mars 2009 , le président du pays (un ancien officier de la marine marchande) avait affirmé que l’Etat n’avait pas besoin du FMI… avec lequel un accord de principe avait été trouvé moins d’un mois après, pour un crédit de 20 milliard d’Euro dont le FMI a apporté directement les 2/3…
A l’usage, l’argent apporté par l’UE pour financer des investissements en infrastructure devrait en fait surtout servir… à payer les salaires des fonctionnaires et les retraites récemment augmentées… c’est dire si la situation est brillante…
Si il y a peu le gouverneur de la banque centrale annonçait encore qu’il pensait que sur l’ensemble de l’année la Roumanie connaîtrait une croissance positive, le vice gouverneur Eugen Dijmarescu a annoncé cette semaine (après diverses mesures visant à relancer le crédit ; suppression pour les banques des réserves obligatoires en devises pour les prêts de plus de 2 ans, baisse du taux directeur de la banque centrale, intervention de la banque centrale pour soutenir la monnaie roumaine) que, va la poursuite de la baisse des crédits aux entreprises, la Roumanie n’avait pas encore touché le fond de la récession ( encore repoussé pour l’instant au 3eme trimestre) et qu’il faudrait attendre au moins 16 mois pour espérer revoir une croissance positive.
L’économie ne semble de toute manière ne pas être la priorité du premier ministre, un juriste, à l’approche des élections présidentielles. Après avoir augmenté les charges sociales, puis crée un impôt minimum sur toute les sociétés (impôt basé sur le CA de 2008, qui dans bien des cas a été une année record…), on vient d’apprendre que la réductibilité du profit réinvesti a encore été repoussée (celle ci débutera en principe en 2010, sauf nouveau report bien sur…)
En fait c’est hélas assez logique. Si au début des années 2000 la Roumanie s’est plutôt développée en visant l’exportation, à partir de 2004, qui a marqué l’entrée du pays dans l’OTAN et la certitude d’adhérer à l’UE, l’afflux des capitaux a orienté le développement du pays vers un marché de consommation (grande distribution proposant des produits bien souvent importés) et surtout explosion de l’immobilier. Les projets visant à produire en Roumanie ont vu leur part se réduire sensiblement dans l’investissement total.
Une déduction d’impôts sur les profits réinvestis aurait pu encourager la production locale, mais le gouvernement préfère sauver les amis promoteurs immobilier au programme «première maison» qui devrait les aider à écouler les invendus qu’ils ont sur les bras, quitte à regonfler la bulle immobilière (sans forcément encourager de nouvelles constructions) en orientant à nouveau les capitaux beaucoup plus qu’ailleurs vers la pierre, et non vers les investissements productifs.
Le secteur de la construction donne d’ailleurs quelques signes de frémissements printaniers, (les travaux ont repris pour finir les constructions commencées avant la crise) mais on peut douter de la durabilité car il n’y a plus de mises en chantiers, les gens sont inquiets pour leur avenir, ce qui les dissuade de contracter des crédits immobiliers (de longue durée), et les banques sont inquiètes sur la valeur des garanties, ce qui les dissuade de prêter… au point d’ailleurs que la rémunération des dépôts de la population a commencé à chuter (ce qui prouve bien que les banques ne se battent plus pour attirer des capitaux qu’elles ne prêteront pas de toute manière…)
En parallèle, des pans entiers de l’économie sont en train de s’effondrer ; industrie des engrais, qui n’a jamais reçu les aides promises, industrie chimique, Oltchim étant très mal en point…
Le secteur pétrolier souffre aussi énormément…
Et d’après un ancien ministre des finances M Vosganian, c’est la chute des commande à l’industrie qui tire le plus vers le bas le PIB, lequel pourrait chuter en rythme annualisé de 8-10 % au second et troisième trimestre après 6 % au premier… (dur quand on a enregistré 8,3 % de croissance en 2008…)
De fortes incertitudes pèsent aussi sur la production agricole ( pas d’argent pour acheter des engrais, voire pour travailler la terre, climat…)
Dans ces conditions, le chômage devrait continuer à augmenter. (en mai il était officiellement a 526 000 personnes, soit 5,8 % de la population active… mais comme de toute façon en Roumanie les chômeurs ne sont indemnisés qu’un an, contre 6 mois il y a peu… les chiffres n’auront bientôt plus beaucoup de sens…)
L’exemption de charges et d’impôts dans les cas de chômage technique permet pour l’instant de limiter les licenciements, car certains chefs d’entreprises espèrent encore une reprise prochaine et ils brulent des réserves, échaudés qu’ils ont été ces dernières années du fait du manque de personnel qualifié.
Il faut dire que le système éducatif roumain (comme son homologue français d’ailleurs) ne forme pas forcément les profils nécessaires à l’économie. Il prépare bien des spécialistes IT, lesquels n’ont pas trop de difficulté à se caser, mais il prépare surtout des juristes et économistes, lesquels vont arriver sur le marché du travail en larges bataillons, et il est dès a présent certains que beaucoup ne trouveront pas d’emploi correspondant à leur spécialité.
Pire, la Roumanie a complètement abandonné les formations spécialisées de niveau intermédiaire (techniciens), alors que la plupart des postes à pourvoir correspondent à des postes de ce type… ce qui devrait pousser le chômage à la hausse.
Une autre raison que limite la montée du chômage… avant de se transformer un effet boomerang… est le fait qu’en Roumanie la TVA est exigible sur la base des factures émises, et non des factures encaissées.
Du coup beaucoup de sociétés n’émettent des factures que quand elles savent que leurs clients ont les moyens de les payer… ce qui n’est pas évident vu le blocage financier actuel.
Du coup il existe probablement une accumulation de travaux réalisés, mais non facturés. Ce travail non visible dans les statistiques nécessite de la main d’œuvre. Mais ceci n’a qu’un temps ; dans un premier temps il est difficile de ne pas répondre a une demande d’une société qui vous doit de l’argent, car on risque de la mettre en péril et plus encore de ne pas récupérer ce qu’elle vous doit… mais progressivement la dette croît à un point tel qu’on ne peut plus se permettre travailler avec cette société… on doit refuser de la livrer… mais on perd un client… et on a mange une grosse partie des réserves…
Enfin la baisse des salaires dans le secteur privé est un autre motif de dépression de la consommation…
Le secteur public lui ne s’ajuste pas aussi vite, mais des blocages sont à craindre… certains parlent d’un blocage financier général du système de santé roumain en septembre… (il est question de faire participer les assurés aux coûts, sauf sans doute les plus pauvres – la majorité – sachant que dans certains cas les hôpitaux ne disposent même pas d’une caisse pour payer, donc nécessité de construire dans l’urgence et l’improvisation une nouvelle «couche» bureaucratique coûteuse…) et si les recettes de l’Etat continuent à baisser plus vite que ses dépenses, l’explosion au delà des objectifs négociés du déficit budgétaire provoquera une interruption des paiements du FMI (voir l’exemple serbe…), un effondrement de la monnaie roumaine, une explosion des taux d’intérêt, un attentisme généralisé des agents économiques, et donc une accélération du plongeon…
Dans ces conditions, en période électorale le gouvernement n’aura plus d’autre choix que de faire financer par la banque centrale (dont le mandat du gouverneur expire bientôt) son important déficit budgétaire par la planche a billets… juste pour gagner quelques semaines… ce qui, aggravant la chute de la monnaie nationale, risque de conduire à l’hyper-inflation que le pays a bien connu il n’y a pas si longtemps…
Ceci sera encore aggravé par la nécessité de beaucoup d’investisseurs de combler leurs pertes «à la maison» (USA, Angleterre) dues à la probable rechute boursière, les obligeant à faire sortir un maximum de capitaux du pays… ce qui pourrait entrainer un retour du contrôle des changes… décourageant définitivement beaucoup d’investisseurs étrangers…
Ce scénario noir est heureusement encore loin d’être certain, mais un effondrement économique de la Lettonie (dont les taux d’intérêt culminent désormais à 100 % par an !) aurait des répercussions non seulement sur les autres pays baltes, mais aussi sur les économies roumaine et bulgares, également très affaiblies. (effet de domino, comme lors de la crise asiatique de 1997…)
Or dans ces conditions, que les roumains vont il faire pour préserver leurs patrimoines, et notamment leur argent ?
Ils sont habitués aux hauts et au bas, comme le fait justement remarquer mon éminent confrère Pascal Fesneau, ils s’accommodent sans doute bien mieux que les occidentaux de revers de fortune, des changements de statut social, «ça va, ça vient»…
Ceci dit si l’économie vacille, que l’inflation explose, qu’adviendra t’il des patrimoines, parfois très conséquents qui ont été constitués ?
On découvre que les voitures de luxes voient leur valeur plonger encore bien plus vite que le PIB… ce ne sont donc pas de bons placements…
Traditionnellement les roumains se protégeaient de l’hyper inflation en achetant des monnaies fortes, dollar et mark. C’est la raison pour laquelle on trouve tant de bureaux de change, et cela explique pourquoi tant de prix sont libelles en devises étrangères ( loyers, et même abonnements de téléphones) même si bien souvent, et systématiquement dans le dernier cas, le paiement se fait en lei roumains…
Mais avec un dollar et une livre en perdition, un franc Suisse en difficulté, un Euro remis en cause, vers quel refuge se tourner ?
Quand l’inflation a descendre ici à des niveaux «civilisés» ( ou en fait elle s’était plutôt déplacée ?) tout le monde s’est jeté sur l’immobilier, dont les prix ne cessaient de monter… or maintenant les seuls qui réussissent à vendre le font à prix sacrifiés, et les tendances de long terme sont plutôt à la baisse… Arrivée à l’age adulte de classes moins nombreuses… chômage qui va pousser au regroupement des familles et sans doute dans une certaine mesure au retour dans les campagnes… prise de conscience que les infrastructures ne se développent que très lentement aux abords des villes, ce qui va provoquer une chute de la valeur de terrains que beaucoup espéraient rapidement lotissables… (dans un contexte ou beaucoup de roumains n’achetaient pas pour eux, mais pour «investir», à savoir spéculer…)
Reste l’or…
Partout l’or est à la mode.
Sa valeur en dollar a triplé depuis 10 ans (mais il avait beaucoup baissé avant).
Les américains plus familiarisés avec les marchés financiers achètent volontiers d’or papier (il existe aujourd’hui de sérieux doutes sur la couverture effective en or physique de ces certificats, ce qui expliquerait pourquoi les cours de l’or n’augmentent pas en proportion de l’engouement récent pour les métaux précieux…).
Les Européens de l’Ouest se ruent plus volontiers sur les pièces d’or physique, qui avaient cours autrefois, au point qu’il faut parfois patienter pour en obtenir…
En Roumanie les choses sont différentes… les communistes avaient confisqué l’or à leur prise de pouvoir, et la notion d’or comme valeur monétaire semble depuis longtemps avoir disparu des esprits ici… l’or comme patrimoine est sorti des esprits depuis très longtemps…
On trouve bien quelques pièces commémoratives émises par la banque centrale, mais si on cumule la surprime due à la rareté, le coût de l’emballage, la TVA, ces pièces n’ont pas grand intérêt comme investissement pour un non collectionneur…
Reste l’or joaillerie, qu’on peut trouver chez des préteurs sur gages fort sollicités ces derniers temps, mais ici l’or est généralement à 14 carats, et il faut s’y connaître un minimum pour ne pas se faire avoir…
Peut être à la rigueur l’or turc alors…
C’est pour moi la grande inconnue ; le monde ne compte pas tant d’économistes, et la majorité se sont révélés des charlatans au service de la pensée unique des «marchés toujours efficients» qui indiquent le sens du vent, mais ne le voient jamais tourner même un peu à l’avance.
Quand je parle à mes proches, à mes connaissances, de l’intérêt d’acheter de l’or maintenant, quand on peut encore en trouver, et avant que l’inflation ne provoque une ruée, je reçois généralement des réponses sceptiques, même si a peu près tout le monde a quelques milliers d’euro placés qu’il serait utile de protéger, voire de multiplier.
Pourtant l’or a quasiment toujours été la base des systèmes monétaires, les expériences pour s’en écarter se sont toujours mal fines (vous vous souvenez des assignats de la révolution française ?), et il est plus que probable qu’il sera au centre du prochain système monétaire. mais d’une manière générale dans les pays occidentaux les gens n’ont pas vraiment la mémoire du passé et vivent dans un confort et dans le présent, sans trop se soucier de ce qui va suivre ( en comparaison, les roumains se posent beaucoup plus de questions, même si ils ont moins de culture économique pour parvenir à y répondre…)
Ici l’économie de marché est encore assez jeune, balbutiante… en cas de problème beaucoup ont encore le réflexe de se tourner vers l’Etat (en France aussi d’ailleurs…). Comment vont réagir les gens ? Vont ils se ruer dans les magasins pour faire des provisions de produits aux anciens prix avant la valse des étiquettes ? Ou dévaliser les magasins de bijoux ? Ou se ruer par réflexe vers l’immobilier, pour acquérir un bien tangible avant que la valeur de leurs économies ne fonde ? … l’avenir nous le dira…
Voilà, j’espère que le pire n’arrivera pas, en tout cas ça suffit pour cette fois, non ??? 😉
PS : Sur ces sujets d’anticipation économique, 2 très bons sites à suivre ;

http://www.leap2020.eu/
http://dailyreckoning.com/