L'IA, amie ou ennemie du développeur ?

L'IA, amie ou l'ennemie des développeurs ?
9 avril 2026

L’annonce récente, et automatisée, par Oracle, du licenciement de près de 30 000 de ses salariés, a crée un choc. Le départ de nombreux profils technique, permis par l’IA, à notamment pour but d’aider à financer les investissements ambitieux d’Oracle… dans l’intelligence artificielle…
Même au niveau individuel, l’IA s’infiltre partout ! Elle est tellement pratique, nous fait gagner tellement de temps, tant au travail que dans la vie personnelle. Ceci même si sa fiabilité est encore largement perfectible…
Pourtant l’IA n’est qu’un composant, certes de plus en plus central, dans la chaîne de l’information et de la création. Un exemple ? Il se trouve que je crée de la musique, et ayant constaté le fait que souvent le public à autant, voire plus besoin de visualiser une musique que de l’entendre, je crée toutes les illustrations des diaporamas des morceaux grâce à l’IA, avec l’excellent Nightcafé pour ne pas le citer. La musique elle, reste 100 % « humaine ». Plusieurs personnes m’ont demandé pourquoi je n’utilisais pas l’IA pour créer cette musique, comme tant d’autres le font déjà… pour l’instant je m’y refuse. D’une part du fait que, d’après divers témoignages, l’IA a besoin d’être guidée, tenue par la main, ce qui demande beaucoup de temps et d’apprentissage de la part de son utilisateur humain. Et surtout, faire créer au lieu de créer, ce n’est pas la même chose… L’IA est un ingrédient de la création, mais elle ne représente pas toute la création, elle n’en serait d’ailleurs pas capable, au moins actuellement…

L’Intelligence Artificielle fait des pas de géants…

Une connaissance, un ancien développeur qui l’an dernier avait été rebuté par les limites de l’IA qu’il avait testé est désormais emballé par une nouvelle IA (Stitch) qui permet de développer n’importe quel type d’appli en mode « no code ».

Plus globalement, les développeurs sont impressionnés par la capacité de l’IA à anticiper et faire des suggestions pertinentes quand ils sont en train de coder. Elle semble comprendre ce qui a été fait et envisager la suite encore plus vite que le programmeur…

Il serait d’ailleurs plus pertinent de parler DES IA, tant il est maintenant fréquent que les développeurs en utilisent plusieurs en parallèle, par exemple Claude, Visual Studio Code, etc. Ils choisissent comme base de travail la « proposition » de l’IA qui leur semble la plus adaptée à leurs attentes et leurs besoins. En fait, souvent L’IA va concevoir l’architecture demandée, parfois même sur la base de simples instructions vocales. Puis le développeur affinera et complétera pas à pas avec l’IA pour chaque élément de l’application, en rajoutant, liant des champs, etc.

Il y a aussi un aspect pédagogique pour les devs souhaitant devenir plus polyvalents, car l’IA peut expliquer ce qu’elle a fait, pourquoi elle l’a fait, quels liens ont été établis avec la BD, signaler des manques, etc.

Ses fonctionnalités de test sont d’ailleurs précieuses et permettent de réduire les délais de finalisation des projets.

IA à toujours besoin d’être guidée par un œil humain

L’IA est encore loin d’être indépendante. Elle est tout au plus autonome.

Tout le travail en amont des projets nécessite une intervention humaine ;

Recueil des besoins, identification des sources d’information et des accès…

L’humain reste le chef d’orchestre, et l’IA… orchestre les développement.

L’humain doit d’ailleurs s’efforcer d’être le plus explicite possible, sans quoi l’IA, même si elle garde en mémoire les demandes précédente, risque de faire des confusion. Par exemple si elle a appliqué un changement demandé non pas sur une seule fonction, mais sur toute l’application… revenir en arrière fera perdre du temps…

Le rôle de l’humain est spécialement important dans la maintenance évolution d’applications complexes et déjà ancienne. L’utilisation de l’IA y est plus délicate, plus partielle, et sous un contrôle plus fréquent d’un dev.

Un puissant effet récessif ?

Ceux qui travaillent dans l’IT vous diront que l’insolent age d’or des développeurs est révolu. On peut désormais faire beaucoup plus sans augmenter l’effectif, ou autant en le réduisant sensiblement. Cela touche d’ailleurs aussi les test.
Si pendant des années nous ne recevions quasiment aucune candidature aux offres d’emploi postées sur notre site, spécialement pour les devs back-end, ces derniers mois la tendance s’est largement renversée, les candidatures sont hebdomadaires, très au dessus des besoins réels.

Plus globalement, l’IA est en train de rendre obsolète le travail humain dans de nombreux domaines, spécialement dans le secteur tertiaire. La substitution à déjà commencé, et elle s’accélère au fur et à mesure des progrès de la technologie et de la prise de conscience des entreprises, même des petites, des gains qu’elles peuvent en tirer.

Ceci conduit les entreprises, même encore indécises, à suspendre les recrutement.

Certes, L’IA est aussi un pourvoyeur d’emplois, mais il s’agit surtout de poste très qualifiés, essentiellement concentrés dans les pays leaders dans la révolution de l’IA

En fait, même aux USA on voit que les derniers chiffres de l’emploi sont inquiétants…

Il faut dire que les clients des entreprises insistent beaucoup sur les gains de productivité offerts par les solutions basées sur l’intelligence artificielle. Si la productivité explose, il faudra moins d’équipes, et moins d’équipiers.

Au final, ces énormes gains de productivité peuvent provoquer une récession qui entraînera une nouvelle vague de licenciements… et les états surendettés auront du mal à relancer l’activité… sauf à finir de détruire la crédibilité des monnaies actuelles.

Que restera t’il si la bulle de l’IA explose ?

De nombreux analystes considèrent que le secteur de l’IA est désormais dans une situation de bulle. Ceci n’est pas inhabituel. Chaque révolution industrielle ou technique à entraîné une vague de destruction créatrice. Beaucoup se souviennent encore de l’éclatement de la bulles des dot com… Au vu de l’espoir de gains, l’investissement est massif, mais la rentabilité n’étant que rarement au niveau des attentes, seule une poignée d’acteurs, les plus performants, résisteront et continueront à connaître une croissance fulgurante…
Donc mieux vaut identifier dès à présent les acteurs de l’IA qui ont le plus de chance de rester dans la course, pour s’arrimer à lui en développement des méthodes liées à sa solution !

Ceci d’autant plus que les risques de pénuries d’énergie dans certaines régions pourraient frapper très durement l’IA…

En conclusion, on peut dire que l’IA est l’ami des développeurs confirmés qu’il aide beaucoup dans leur travail quotidien, les libérant de certaines taches, les aidant à progresser, à trouver des solutions élégantes, en étant toujours plus productifs.

En revanche, il est l’ennemi des développeurs moins qualifiés, moins polyvalents, ou juste moins chanceux qui peuvent déjà être largement remplacés par l’IA.

Parmi les moins chanceux se trouvent beaucoup d’étudiants ou de jeunes diplômes dont la formation n’a pas ou peu préparé à l’utilisation de l’IA. Surtout, l’IA leurs ferme la porte des entreprises car elle s’occupe désormais des actions simples autrefois assurée par des débutants. Or si les jeunes ne peuvent débuter, ils ne seront jamais expérimentés, donc ne pourront jamais devenir des binômes pertinents pour IA.

Il est donc urgent de faire évoluer les formations vers plus de concret, vers des projets « réalistes », même sans besoin d’application réel, pour que ces jeunes aient déjà une forme d’expérience quand ils chercheront du travail. Et pour ceux qui ont et auront été formés « à l’ancienne » pendant cette période charnière, l’entreprenariat sera de plus en plus la seule solution, car si personne ne peut leur offrir qu’acquérir de l’expérience en entreprise, il faudra qu’ils aillent la chercher par eux mêmes…