22 juillet 2011

Nous collaborons depuis plus de deux ans avec un client qui recherchait au départ des prestations de référencement en langue roumaine, et la collaboration se développe régulièrement.
J’avais un peu évoqué cette collaboration lors d’un précédent post sur le référencement internet, et je voudrais la présenter plus en détail car sous certaines conditions, elle doit pouvoir être ré-éditable.
Aussi bizarre que cela puisse paraître, nous n’avions pratiquement pas d’expérience à l’époque dans le référencement en langue roumaine. En effet, le gros de notre activité était (et est d’ailleurs toujours) centré sur du référencement pour des sites francophones, et beaucoup plus ponctuellement anglophones ou hispanisants…
Le Roumain est déjà perçu par les sociétés françaises comme une langue relativement «rare», que les prestataires habituels, au Maghreb par exemple, ont du mal à proposer…
Nous avons donc démarré une collaboration avec cette société sur le référencement internet de deux de ses sites de vente de matériel. En fait de référencement, il s’agissait surtout de notoriété sur le web (SEM) car le site étant multilingue, les contenus étaient optimisés et ré-optimisés depuis longtemps par le client, chaque nouvelle langue reprenant une structure éprouvée qu’il restait juste à traduire.
Au départ le travail s’est avéré assez classique, avec recherche d’annuaires et inscriptions, plus un travail sur les sites de social bookmarks. Nous sommes ensuite passés à des sujets plus «sensibles» comme les forums, ou «complexe» comme les communiqués de presse (attention à la duplication !) à placer sur des sites acceptants plusieurs liens, autant que possible profonds.
Les blogs se sont aussi révélés fort utiles dans le plan de notoriété du client, beaucoup plus que les digg likes, donc le nombre est actuellement très limité…
Pour offrir au client un maximum de transparence et d’accessibilité des données en temps réel, nous avons proposé l’utilisation des tableaux multi-utilisateurs de google docs (spreadsheet pour les intimes), ce qui s’est avéré fort utile.
Comme les choses se passaient bien, le client nous a confié sur une période le même travail en langues russes et ukrainienne, puis il nous a demandé de traiter le référencement en tchèque-slovaque, et ensuite dans des langues nordiques ; le norvégien, suédois ainsi que le finlandais.
Plus récemment, nous avons démarré la collaboration sur le portugais, et nous cherchons aussi une personne pour le néerlandais (mais sur cette dernière langue la ressource locale est très rare…)
Jusqu’ici le tableau est plutôt idyllique me direz vous… certes, mais tout ne s’est pas fait simplement….
D’une part parce que les demandes du client se complexifiant et s’affinant progressivement, nous nous sommes rendus compte qu’il devenait nécessaire de mettre en place une véritable coordination en interne, pour diffuser les instructions et vérifier leur bonne compréhension (un pilotage à distance par le client n’était plus suffisant).
Surtout, la plus grosse contrainte rencontrée fut et reste celle de la continuité. En effet, comme le volume horaire demandé pour une langue donnée est faible (de 4 a 8 heures / semaine par langue.. le mieux étant l’ennemi du bien en terme de SEM !) il est très difficile de fidéliser le personnel spécialisé. Notre cible naturelle est donc les étudiants en langue, désireux de gagner de l’argent, et ne disposant de toute façon pas du temps nécessaire pour travailler en plein temps.
La contrainte est qu’il s’agit de gens n’ayant souvent jamais vraiment travaillé dans un cadre professionnel, et au rythme très variable ; les périodes calmes succèdent aux périodes d’examens, et les périodes de besoin d’argent succèdent aux périodes de besoins de vacances..
Bref tout ceci n’est pas toujours facile à gérer sur le long terme. Pour tenter d’amadouer les collaborateurs nous avons bien tenté de leur proposer d’effectuer une partie du travail de chez eux, pour leur permettre d’éviter les temps de déplacement jusqu’à la société, mais il en a résulté une augmentation des semaines «pas le temps de travailler», ce qui nous a conduit à revenir en arrière sur ce point, d’autant que la diffusion d’infos serait devenue trop problématique à distance…
La dernière limite, toujours dans le domaine de la continuité, tient au fait que la «ressource» en langue rare dans une ville de province Roumaine, même à forte densité universitaire, est forcément limitée… Vous ne trouvez pas forcement tout de suite quelqu’un dans une langue donnée, et si une personne vous quitte (les raisons sont multiples, échange Erasmus, nouvel emploi du temps «mal fichu», etc) il faut du temps pour arriver à la remplacer… Actuellement par exemple le travail en Suédois et Norvégien est temporairement suspendu faute de ressource, il devrait reprendre le mois prochain…
Fort heureusement, notre client a bien compris cette contrainte. En fait il a le grand avantage d’être lui même le bénéficiaire de nos services. Si il était un «intermédiaire» proposant nos services à d’autres clients, les périodes d’interruption de service seraient beaucoup plus difficiles à justifier. En revanche, dans le cas présent, bénéficiant avec nous d’un tarif très compétitif, il sait d’une part que les interruption de services se traduisent pas un coût nul, et que d’autre part en référencement il n’est pas forcément mauvais de faire de temps en temps des pauses, trop d’activisme risquant d’entrainer des pénalisations de la part des moteurs de recherches…
De notre côté nous faisons aussi en sorte de donner davantage d’heures aux personnes les plus valables (la personne qui a commencé sur le tchèque-slovaque a ensuite traité aussi le romain… langue reprise récemment par la personne qui fait le finlandais… ) L’utilisation des personne connaissant les langues rares porte aussi sur des référencements de sites en français, pour encourager leur stabilité…
Dernier obstacle rencontré, faut il choisir des gens ayant appris la langue, lesquels ne l’écriront sans doute jamais parfaitement, ou vaut il mieux privilégier les natifs du pays ciblé qui pour une raison ou pour une autre résideraient sur Cluj ?
Le bon sens poussait sans doute d’abord à choisir des gens dont c’est la langue maternelle. Or l’expérience a montré qu’ils ne s’intègrent pas facilement à un environnement de travail local, leurs contraintes personnelles prévalent souvent, et donc leur stabilité est très faible. Beaucoup recherchent de plus un emploi à plein temps…
A l’opposé, des salariés locaux ne seront sans doute pas parfaitement bilingues, mais dès lors qu’il n’est pas question de traduire le contenu du site, mais simplement de trouver et renseigner des outils de recherche, et au mieux de rédiger des titres, description et reformuler des communiqués de presse, leur niveau est souvent suffisant, (avec aussi l’aide précieuse du traducteur de google) d’autant que la société promue est par définition une société étrangère à la plupart des pays cible, donc il lui sera plus facilement pardonné quelques petites fautes de rédaction.
Au final donc, une collaboration de niche mais qui se porte bien et se développe peu a peu…
Nous n’excluons pas que le nombre des langues traitées continue à se développer, par exemple si le client lance un jour une déclinaison de ses sites en hongrois, langue courante à Cluj-Napoca puisque selon le dernier recensement près de 20 % de la population résidant en ville fait partie de la minorité hongroise…
Et depuis un mois et demie, nous avons lancé une activité assez similaire pour un client d’un domaine totalement différent ( la diffusion légale de programmes TV), en travaillant principalement en Anglais…