2 juillet 2015

La routine est un des pires ennemis au travail. Beaucoup rêvent de trouver ou retrouver un emploi intéressant et stimulant, avant même d’être bien payé. Travailler sur un paquebot de Luxe, développer une activité en toute autonomie, faire fortune en faisant du trading de chez soi, chacun a son propre idéal.
La part de rêve du domaine du web peut elle vraiment soutenir la comparaison ?

Il faut savoir que ce secteur des nouvelle technologies est un peu victime de son succès, les besoins ont augmenté plus vite que le volume des ressource qualifiées, d’où des pénuries qui guettent périodiquement, spécialement dans des pays comme la Roumanie qui n’ont vraiment décollé au niveau développement web qu’à partir des années 2000, et qui sont donc essentiellement positionnés sur les technologies les plus porteuses, celles connaissant les plus fortes croissances…

Et il y a des précédents inquiétants en la matière, en Europe de l’Ouest par exemple ; lors des périodes de pénurie de développeurs, avaient été formés rapidement des personnes au profil scientifique (mais non informatique) au développement Kobol, ceci non sans un certain succès. La difficulté (ultérieure) est venue du fait que ces personnes très spécialisées dans un langage précis deviennent à terme très difficiles à reconvertir sur un autre type de langage car ne disposant ni du recul, ni du supplément d’âme nécessaire…

Pour revenir aux chroniques pénuries locales, certains ont tenté des initiatives aussi spectaculaires que louables, comme la Pitech Academy, formation intensive de programmeurs ayant un substrat scientifique, système de formation qui a représenté le premier partenariat hors France avec l’école 42 de M Xaviel Niel, le fondateur et animateur du FAI et opérateur téléphonique Free…
Cette décision est bien sûr liée au fait que chez Pitech le programmeur est le profil le plus répandu, et Pitech Academy a représenté un véritable projet de groupe sur le plan financier, pédagogique, de l’intégration des futurs programmeurs… ce qui n’a pas manqué de faire quelques vagues au niveau d’une partie du milieu académique local qui a parfois un peu de mal à se remettre en question…

En ce qui nous concerne, le profil le plus courant est celui du développeur font office, souvent appelé en interne, un peu familièrement mais très amicalement, intégrateur (html/CSS). Nous avons acquis au fil du temps une réelle expertise et efficience en la matière, et cette spécialité est largement celle dans laquelle nous recrutons le plus.

Pour pouvoir ces postes, nous avons en schématisant deux possibilités ;

1 – Soit recruter des gens, souvent des jeunes, qui ont fait des études d’informatique de type licence / mastère. Ils sont réputés pour un travail très « clean » et dans l’esprit des CMS qu’ils utilisent, mais ces personnes pourraient aussi faire de bons programmeurs PHP (ou autre), lesquels sont rares, et le prestige de la programmation sur tous ce qui touche au développement du back-office et des éléments spécifiques est réel et les poussera souvent donc à devenir programmeurs back office.

2 – Soit faire appel à des autodidactes, qui ont manifesté par une démarche personnelle leur intérêt pour ce travail, ont appris au minimum les rudiments par eux mêmes, et souhaitent maintenant « transformer l’essai » en intégrant un collectif professionnel qui pourra les guider et les aider à progresser vite et bien.

Il se trouve que parmi ces autodidactes, nous embauchons de plus en plus de « reconvertis », à savoir des personnes qui avaient une autre spécialité, souvent aussi un emploi, pourquoi pas dans un domaine réputé pour bien payer, mais la motivation existe chez eux pour s’immerger professionnellement aujourd’hui dans le domaine du web.
Nous avons par exemple embauché une salariée qui avait travaillé jusqu’à son embauche dans le domaine bancaire, l’un des plus rémunérateurs en Roumanie, mais qui a considéré qu’il était bien plus motivant de passer à l’intégration html/CSS, même si cela impliquait de repartir à zéro en terme d’expérience professionnelle et de grille d’avancement.

Les résultats sont parfois étonnants, et souvent probants ; certes on considère souvent que les très jeune apprennent plus vite et retiennent plus facilement, mais des personnes un peu plus âgées, et qui se reconvertissent, ont souvent une motivation supérieure, elles quittent un domaine qui les a déçu et veulent absolument faire leurs preuves dans l’intégration web, même sans avoir une formation reconnnue la dessus. Elles ont aussi acquis un certain rythme de travail. Et leurs réponses techniques lors des tests pendant les entretiens d’embauche sont souvent assez complètes, de bon niveau.

De plus qui dit reconversion dit qu’une personne a connu au moins une autre, voire plusieurs autres entreprises, ce qui nous aide à les fidéliser car par définition elle est exempte du syndrome du « allons voir ailleurs si l’herbe est plus verte » qui touche tôt ou tard une large partie des jeunes qui ont débuté chez nous…

Pour poursuivre le parallèle de la reconversion sur le cas des développeurs Kobol, pour ce qui est de l’intégration HTML/CSS on a pas vu récemment et on ne voit pas poindre de vraie rupture technologique, on est davantage dans l’avancée dans la continuité ; même les spécificités au départ des applications mobile (avec ses diverses technologies) ont en partie été « rattrapées » grâce à l’envolée du Responsive Design, bonne alternative vite assimilée par les intégrateurs html / CSS, lesquels n’ont donc pour l’instant pas trop à s’inquiéter de voir leur expertise professionnelle devenir un jour obsolète…

D’une manière plus générale cette « intégration d’intégrateurs » est aussi une réponse à la pénurie du personnel et donc une manière de rééquilibrer progressivement le marché pour contribuer, à notre échelle, au maintient de la compétitivité de la place NTIC clujoise.

Le cas des intégrateurs web n’est pas isolé ; on retrouve une situation assez proche pour les graphistes web, qui soit se reconvertissent du « print » vers le web, ou du moins affinent une spécialisation vers le graphisme digital, soit changent de secteur d’activité en faisant d’une passion personnelle « privée » leurs activité professionnelle qui désormais les nourrira aussi.

Les chefs de projets web (dits en internet coordinateurs de projets) sont aussi parfois dans le même cas, avec par exemple un ingénieur en construction diplômé et ayant exercé son métier d’origine qui se passionne désormais pour le suivi de projet web. Cependant, dans la plupart des cas la reconversion se fait tout de même d’une spécialité du web (programmation, intégration, ventes, référencement…) vers le management de projets, sous la forme d’une évolution vers le haut.

Dernier exemple d’évolution professionnelle vers la planète web, quel que soient le domaine qu’ils ont étudié, ceci tout particulièrement pour la jeune génération (Y pour les intimes) : La spécialisation animateur réseau sociaux semble presque être pour eux comme une seconde nature, elle leur va comme un gant au point de bien vite dépasser les anciens qui les ont mis sur les rails et qui bien vite vont leur laisser carte blanche 😉

Bref, si certains dans le domaine des jeux sur ordinateurs se souviendront d’avoir été des adeptes des vies infinies, une reconversion réussie dans l’intégration html / CSS est déjà en soi un beau succès et peut ouvrir une longue carrière dans la sous traitance informatique francophone