25 novembre 2014

Cet ancien professeur de Physique et inspecteur, qui a élu élus quatre fois d’affilée maire de sa ville natale, Sibiu, (une superbe cité médiévale transylvaine à laquelle il a largement contribué à rendre son lustre d’antan) est issu de la désormais modeste communauté allemande ( et plus précisément saxonne dans son cas) qui comptait un million d’habitants en Transylvanie jusqu’au début de la deuxième guerre mondiale.

Candidat de l’Alliance Chrétienne Libérale, de centre droit, il avait obtenu un peu plus de 30 % des voix à l’issue du premier tour, contre un peu plus de 40 % pour le candidat du Parti Social Démocrate (gauche) Victor Ponta, premier ministre en exercice et grand favori du scrutin.

Ayant fait campagne pour « une Roumanie des choses bien faites », Monsieur Iohannis a beaucoup insisté sur la nécessite de poursuivre et amplifier la lutte à tous les niveaux contre la corruption, en soutenant au maximum les procédures d’enquête et de mise en examen demandées l’institution judiciaire.

Il a également critiqué le fait que pour beaucoup de roumains de la diaspora, le droit de vote, droit constitutionnel, n’ait pas pu être exercé convenablement au premier tour, en raison d’une très mauvaise organisation du scrutin dans nombre d’ambassades et de consulats d’Europe de l’Ouest.

Au final, le challenger Iohannis a réussi à déjouer tous les pronostics, en remportant une large victoire au second tour avec 54,5 % des suffrages polulaires, sur fond de taux de participation record au scrutin. Il a notamment été soutenu par les moins de quarante ans, la population urbaine, sa région natale la Transylvanie historique, et tout spécialement les roumains de la diaspora qui souvent ont passé leur dimanche à faire la queue pour tenter de voter (belle leçon d’esprit civique) et l’ont soutenu par 90 % des voix !

Même si Klaus Iohannis n’avait pas été selon les observateurs considéré comme vainqueur des deux confrontations télévisées d’entre les deux tours avec Victor Ponta le favori, il a mené une excellente campagne en ligne qui pour la première fois en Roumanie semble avoir été décisive ; d’où sa déclaration le soir de la victoire «  Vous avez écrit l’histoire. Pour la première fois Internet a fait la différence ! ». Ainsi, sur la seule semaine précédent le second tour sa Page Facebook a gagné 373 000 j’aime, dont 183 000 le jour du scrutin (pour un pays d’environ 20 millions d’habitants)

Il a indiqué avoir bien compris le message transmis par ses concitoyens de « repartir à zéro. ». Ses premières déclarations en tant que président élu vers le parlement (pour les procédures soumises au vote de celui-ci) vont dans le sens d’un soutien très ferme aux procédures anti-corruption lancées par l’institution judiciaire roumaine.
Une enquête a également été ouverte à propos des carences d’organisation du scrutin présidentiel hors de Roumanie.