9 juillet 2014

Il était une fois (à une époque héroïque, en 2002-2003…) une société encore virtuelle dans l’Est plutôt incertain de l’Europe (Transylvania Consulting…), et un entrepreneur courageux et globe trotteur de la ville lumière… (il se reconnaîtra…)

De la rencontre est né un pari, celui de réaliser (en PHP) les futures version de son application de gestion des notes de frais et des déplacements. Et le pari s’est concrétisé sous la forme d’une équipe qui a compté jusqu’à 10 personnes, essentiellement des programmeurs…

C’était notre premier client significatif, éditeur de logiciel (ou progiciel) start-up de son Etat. Nous avons travaillé sans discontinuer, pendant plus de 10 ans pour les propriétaires successifs de l’application pour lesquels nous assurions en sous traitance la maintenance des différentes versions clients.

Et pas plus tard qu’il y a quelques mois nous avons assuré la mise en place de l’infrastructure technique de la nouvelle entreprise de notre interlocuteur client de l’époque, à l’époque le directeur technique, preuve que nos rapports professionnels sont restés bons 🙂

Transylvania Consulting a aussi failli monter il y a quelques années une autre équipe pour un éditeur très intéressé par le potentiel de la ville de Cluj Napoca, mais le projet ne s’est pas concrétisé, (rétrospectivement) au motif que nous manquions de place, alors que sensiblement à la même période nos avons changé de locaux ce qui nous a permis de doubler la surface utile disponible… comprenne qui pourra…

Bref paradoxalement, si nous avons beaucoup travaillé par le passé en sous traitance pour un éditeur de logiciel, essentiellement pour du développement en PHP, au point d’y consacrer l’essentiel de nos effectifs de l’époque, l’expérience ne s’est pas reproduite depuis, et nous peinons toujours à nous en expliquer les raisons.

Nous avons bien identifié quelques hypothèses sur les freins à l’externalisation du développement en nearshore pour les éditeurs de logiciels, mais la dessus les lecteurs du post sont tout spécialement et cordialement invités à apporter leur contribution ;

– Les éditeurs de logiciels ont un grand besoin de contrôle du développement, au point qu’ils sont d’ailleurs assez directifs au niveau de la méthodologie, des outils utilisés, etc… Ils tiennent à conserver un rôle prééminent dans la chaîne de valeur… et à l’époque nous avions reçu des appels du pied pressants de notre client éditeur de progiciel qui souhait reprendre une grosse moitié des parts de l’entreprise (ce qui nous avait d’ailleurs poussé à bien séparer les activités au sein de deux structures distinctes).

– Il y a toujours le risque que l’entreprise sous traitante ne survive pas sur la durée, spécialement și la structure du prestataire est récente, et la possibilité de défaillance représente un risque pour l’éditeur software.

– La confidentialité peut aussi poser question, les sous traitant des éditeurs de logiciels étant au courant d’informations cruciales, et des fuites pourraient se produire (même si du fait que la Roumanie est membre de l’UE depuis 2007 l’harmonisation législative que cela a impliqué réduit fortement les risques, au moins dans les cash des entreprises nearshore de la zone UE)

– Le développement est en soi une part stratégique de l’activité, les éditeurs peuvent préférer lancer et développer leur propre plate-forme de développement nearshore ou offshore plutôt que de sous traiter.

Enfin, notre taille relativement limitée (une trentaine de salaries) fait que les éditeurs de taille importante n’auront pas tendance à consulter une entreprise qui n’est pas proportionnelle à la leur, et d’un autre côté, nous restons „trop gros” pour un « petit éditeur » de logiciels qui souhaitera avoir un fort pouvoir de négociation vis a vis d’un sous traitant très dépendant d’une collaboration avec lui.

La réponse à la plupart des objections précédentes vient assurément du principe du BOT (Build – Operate – Transfer ) qui correspond à la mise en place d’une équipe opérationnelle pour un client (ici un éditeur de logiciels), équipe qui devra à terme revenir à l’éditeur software donneur d’ordre. Le tout étant basé sur un contrat très précis.

L’intérêt pour l’éditeur est qu’il bénéficie du support d’une prestataire expérimenté, connaissant bien sa zone d’implantation voire l’activité d’outsourcing pour les éditeurs de logiciels. Cela permet de gagner beaucoup de temps, et d’éviter de nombreux écueils dus à une éventuelle méconnaissance de spécificités locales.

A noter que le sous traitant peut aussi accompagner ensuite la création d’une structure juridique (celle du donneur d’ordre) dans sa ville ou son pays d’implantation.

De son coté, le sous traitant de l’éditeur de logiciels y gagne un client souvent significatif, une bonne visibilité sur sa charge de travail (les contrats sont généralement de type régie offshore), et un bonus au moment du transfert (ou rachat) de l’équipe.

Il y a donc de bonnes chances que notre prochain projet dans ce domaine s’apparente à un BOT, surtout si la collaboration planifiée est à très long terme…