16 septembre 2015

Un engagement de confidentialité est une manière pour un entrepreneur d’éviter autant que possible soit de ne pas trop risquer d’ébruiter son concept dans le cas d’une start-up, soit plus largement pour une agence web ou autre structure équivalente d’éviter que des informations sur son recours à la sous traitance ne soient ébruitées, ce qui pourrait lui nuire.
Bien évidemment, dans 95 % des cas c’est le client qui est demandeur, même si il m’est parfois arrivé de suggérer la mise en place d’un tel document quand l’idée du prospect me semblait originale et intéressante, donc susceptible d’être copiée.
Vu du côté du prestataire, la manière dont les prospects traitent cette question de l’engagement de confidentialité est assez révélatrice de la manière dont la collaboration pourrait se poursuivre. Petit florilège de cas vécus…

Certains clients potentiels demandent non seulement que leur soit proposé un engagement de confidentialité, mais plus globalement une base de contrat (cadre) devant régir tous les aspects de la collaboration. S’en suit généralement un accord verbal du prospect sur le contenu contrat en question, mais il peut s’avérer impossible, malgré les multiples relances, de recevoir une version signée également de leur part (pour mémoire, hasard ou non, nous n’avons plus de collaboration avec des clients de cette catégorie…)

D’autres prospects, comme indiqués en introduction, commencent à nous expliquer en détail leur concept, à priori intéressant et innovant, sans être passés par la « case » contrat de confidentialité. En ce qui nous concerne, nous n’avons aucune intention de nous approprier les concepts de nos clients (les missions habituelles de sous traitance nous occupent largement assez…) ni de les ébruiter à l’extérieur, mais comme il est très possible que le client consulte également d’autres prestataires, nous préférons le mettre en garde, voire lui proposer un document type réutilisable…
Il est clair que le fait que nous soyons situés en Roumanie, laquelle appartient depuis 2007 à l’Union Européenne rassure les prospects, mais cela ne les dispense pas de se protéger et de protéger leur concept.
Et puis cette tendance à brûler un peu les étapes, qui fait que le prospect nous explique oralement les grand lignes de son concept, pour nous motiver à travailler pour lui est aussi un signe qu’il ne dispose pas réellement de spécifications écrites, ce qui ne facilitera pas le travail de cotation qui devrait suivre…

Il y a aussi le cas de clients agences web qui, prises dans le tourbillon de l’opérationnel, ne se poseront jamais la question d’un contrat cadre ou de confidentialité. Malgré un volant d’affaire potentiellement important. Ceci du fait aussi que les PME de certains pays, notamment la France, n’ont pas une vision encore très « juridicisée » de leurs rapports avec leurs fournisseurs.

A l’inverse, notre tout premier client, une start-up nous avait autorisé à communiquer sur notre site internet à propos de la belle référence qu’il représentait, puis, quand il a constaté que le site Transycons remontait très bien dans google, il nous a demandé de supprimer au plus vite ladite référence

Enfin, dernier cas de figure, celui où la personne qui nous contacte conditionne le lancement effectif des échanges concrets à la signature d’une NDA (doux nom de l’abrégé de l’accord de confidentialité en Anglais), nous recevons un document dont certains passages sont particulièrement obscurs, et quand nous demandons des clarifications ou émettons des réserves, nous recevons une réponse du type « je n’avais pas remarqué, c’est du langage de juristes, je vais consulter notre service juridique qui a rédigé ce document et je reviens vers vous ».
Ceci me conduit à me demander si nos concurrents, qui ont probablement reçu les mêmes documents, les lisent vraiment avant de les signer, et j’ose espérer que les entreprises qui nous consultent voient dans l’attention portée aux documents à signer un signe de sérieux et de fiabilité du prestataire qui ne s’engage pas sur n’importe quoi les yeux fermés.
Pour mémoire en ce qui concerne ce type d’entreprises, la segmentation des responsabilités n’est pas forcément un signe de réactivité quand il s’agit de passer finalement à la phase opérationnelle…

Voilà. il s’agit juste de quelques exemples, que nous pourrions multiplier, mais nous avons pris les plus spécifiques. La question de la confidentialité, très liée au concept de développement en marque blanche, n’est pas du tout anodine. En effet, une grande partie des prospects, agences web notamment, nous demandent des exemples de références, alors même qu’il est très probable qu’elle souhaiteront que nos éventuelles réalisations pour elles demeurent confidentielles, et qu’elles n’apprécient pas non plus le concept de la collaboration directe avec des clients finaux (au demeurant très rare chez nous.)
C’est cette logique passablement contradictoire qui nous a conduit à présenter sur notre site web un portefeuille de réalisation de sites web rendus au maximum anonymes, avec quelques sites retravaillés (et rendus un peu plus fades…) pour faire disparaître ce qui permettrait d’identifier la version officielle du site.
Bien sur ce travail ne peut être fait que pour quelques dizaines de sites web, donc on est forcément très loin des milliers de sites et applications web que Transycons a réalisé depuis sa création, mais nous considérons que la tranquillité d’esprit des clients, et la notre, est à ce prix, même dans le cas des clients qui n’ont jamais demandé explicitement à ce que nous ne communiquions pas, ou de manière vraiment anonyme, sur les développement web que nous leurs avions livrés.

Pour finir il peut exister une alternative à l’engagement de confidentialité, puis contrat cadre, puis éventuellement un ou plusieurs contrats par projets, ce qui finit par devenir lourd et coûteux en temps. En l’espèce nous pouvons proposer une solution « globale », à savoir des conditions générales des ventes, sorte de « tout en un » que nous sommes en train de finaliser et qui répondra à la demande de certains prospects, même si le concept de conditions générales des ventes est souvent plus répandu dans la monde du B to C… Ce thème des conditions générales des ventes pour le développement en sous traitance de sites web fera l’objet d’ailleurs l’objet d’un post ultérieur.